La première fois qu’on m’a parlé du DAB+, j’ai haussé les épaules. Encore un sigle technique pour vendre des autoradios plus chers, pensais-je. Puis j’ai passé six mois en Alsace avec une vieille radio FM qui grésillait à chaque virage. C’est là que j’ai compris pourquoi tant d’automobilistes posaient la même question : dab+ c est quoi, concrètement, dans la vie de tous les jours ?
Ni mieux ni pire que la FM sur le papier, juste différent. Mais une fois qu’on a goûté au confort d’écoute, difficile de revenir en arrière. Voici ce que j’en ai retenu, sans jargon inutile.
DAB+ c’est quoi exactement ?
Le DAB+ est la radio numérique terrestre. Concrètement, c’est une évolution de la FM qui passe par les ondes hertziennes, sans box internet ni forfait mobile. La différence majeure tient au signal : il est numérique, plus robuste face aux interférences, et il permet de faire tenir plusieurs radios sur une même fréquence. C’est un peu ce que la TNT a fait pour la télévision, mais appliqué à la radio.
Petite précision d’usage : quand je branche un autoradio DAB+ chez quelqu’un, la première confusion vient toujours de là. Les gens cherchent une fréquence type 101.5 comme en FM. Or le DAB+ fonctionne par blocs, pas par fréquences individuelles. Je détaille ça plus bas, mais retenez déjà que la logique de numérotation change complètement.

Le multiplex, ou comment une fréquence transporte treize radios
En FM, une fréquence correspond généralement à un programme. Pour capter France Inter, vous montez sur 87.8 à Paris, 88.1 à Lyon, etc. Le DAB+ renverse ce principe. La bande VHF-III, comprise entre 174 et 230 MHz est divisée en canaux de 1,75 MHz appelés blocs. Chaque bloc diffuse un multiplex, c’est-à-dire un bouquet pouvant contenir jusqu’à 13 radios simultanément. Une seule ressource hertzienne transporte donc treize programmes différents.
Pour visualiser, imaginez un train de treize wagons roulant sur une même voie. Le wagon, c’est la radio ; la voie, c’est le bloc de fréquences. En métropole, les blocs 5A à 12A, soit de 174 à 224,8 MHz, sont principalement attribués à cette diffusion, comme le confirme le cadre bilatéral publié par l’ANFR.
Ce fonctionnement en multiplex a un effet très concret : quand vous captez un bloc, vous recevez d’un coup toutes les radios qu’il transporte. C’est déroutant la première fois. On a l’impression de tomber sur une liste pré-remplie plutôt que de chercher une station une par une.
Les avantages du DAB+ par rapport à la FM
D’abord, la réception est plus stable en mobilité. Sur autoroute, le DAB+ ne souffre pas des variations de fréquence qui obligent à retoucher le bouton toutes les trente minutes en FM. Ensuite, le son numérique supprime les grésillements : soit vous recevez, soit vous ne recevez pas, sans entre-deux agaçant.
L’autre bénéfice, c’est l’affichage d’informations associées. Nom de la station, nom du morceau, émission en cours : tout apparaît sur l’écran du récepteur. Enfin, la gratuité reste totale. Comme l’explique l’Arcom, la diffusion hertzienne ne dépend d’aucun forfait de données mobiles lorsque vous utilisez un poste ou un autoradio compatible.
En revanche, il faut rester honnête : un appareil exclusivement FM ne captera jamais le DAB+. C’est le point bloquant que je vois régulièrement, surtout avec les autoradios d’origine un peu anciens.

Comment écouter le DAB+ ? Le matériel nécessaire
La règle est simple : il faut un récepteur compatible DAB+. Poste de salon, radio portable, autoradio : vérifiez la présence du logo DAB+ ou de la mention explicite. Un appareil marqué uniquement « FM » ne suffit pas, même récent.
Pour l’autoradio, si votre véhicule est équipé d’origine en FM seule, le plus simple reste souvent de passer par un adaptateur ou un remplacement complet. Je ne vais pas vous donner de prix ici : je n’ai pas trouvé de source primaire récente et fiable sur les tarifs, et je préfère ne rien inventer qu’affirmer une fourchette périmée.
Couverture et déploiement du DAB+ en France
Le déploiement avance vite, mais il reste inégal. À l’été 2023, la couverture du DAB+ dépassait 50 % de la population française ; la formulation « fin 2023 » et la mention « par au moins un multiplex » ne sont pas établies par la source consultée. Un an plus tard, on dépassait 62 % selon le rapport annuel 2024 de l’Arcom. Fin 2025, la couverture approchait 66 % pour une réception à l’intérieur des bâtiments avec près de 18 000 communes desservies et une quarantaine de radios accessibles en moyenne.
Le réseau routier n’est pas en reste : fin 2025, environ 80 % des autoroutes soit près de 9 500 km étaient couverts. L’Arcom annonçait pour 2026 un objectif de 80 % de la population en mobilité pour les multiplex métropolitains dans les douze mois suivants. Deux multiplex nationaux, M1 et M2 structurent cette organisation. Un appel à candidatures a d’ailleurs été lancé sur le M1 en mars 2026.
Bref, si vous habitez une grande agglomération ou que vous roulez souvent sur autoroute, le DAB+ est déjà concret. Si vous êtes en zone rurale, vérifiez la couverture locale avant d’investir dans un récepteur.
Ce que le DAB+ change vraiment au quotidien
Je vais être franc : le principal frein aujourd’hui, ce n’est plus la couverture ni le prix des récepteurs. C’est l’habitude. On a tous nos repères FM depuis vingt ans, et quitter ces fréquences demande un petit déclic. Mais une fois qu’on a goûté au son stable et à l’absence de souffle en voiture, difficile de revenir en arrière. Si vous hésitez encore, Commencez par un adaptateur DAB+ pour votre autoradio ; son prix varie selon le modèle et les fonctionnalités. Et si vous cherchez aussi à connecter son téléphone à sa voiture, il existe des solutions très simples pour profiter de vos contenus directement sur l’écran du véhicule. Le vrai test, c’est de rouler deux heures avec le DAB+ et de repasser sur la FM ensuite. Je pense que vous comprendrez rapidement pourquoi l’analogique vit ses dernières années.
Questions fréquentes sur dab+ c est quoi
Le DAB+ remplace-t-il la FM ?
Non, pas pour l’instant. Le DAB+ coexiste avec la FM en France, qui continue d’émettre normalement. En revanche, le DAB+ apporte une alternative numérique avec davantage de stations et un son plus stable. Aucune date d’extinction de la FM n’est programmée aujourd’hui.
Faut-il un abonnement pour écouter le DAB+ ?
Non, c’est totalement gratuit, exactement comme la FM. Une fois que vous possédez un récepteur compatible, vous captez l’ensemble des stations sans frais d’accès ni abonnement. C’est d’ailleurs l’un des arguments majeurs face aux services de streaming payants.
Quelle est la différence entre DAB et DAB+ ?
Le DAB+ est une évolution plus efficace du DAB historique. Il utilise un codec audio plus performant, ce qui permet une meilleure qualité sonore plus de stations par multiplex et une réception plus robuste face aux interférences. Concrètement, le DAB+ a rendu le DAB obsolète.

